Antoine Brugidou, directeur-associé chez Accenture, et Gilles Kahn, président de l'INRIA (Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique), ont remis au ministre de la culture et...

Antoine Brugidou, directeur-associé chez Accenture, et Gilles Kahn, président de l'INRIA (Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique), ont remis au ministre de la culture et de la communication Renaud Donnedieu de Vabres, et à François d'Aubert, ministre délégué à la recherche et aux nouvelles technologies, leur rapport d'étude sur les solutions de filtrage des échanges de musique sur internet .

Cette expertise avait pour objectif d'étudier les solutions techniques de filtrage des échanges de musique, afin d'explorer toutes les possibilités permettant de créer un environnement respectueux de la création sur Internet et de favoriser le développement d'une offre légale de musique en ligne.

Elle s'inscrit dans le cadre de la charte "musique et Internet" signée, sous l'égide du gouvernement, le 28 juillet dernier à l'Olympia par les professionnels de la musique et de l'internet. Dans un document de 59 pages, les experts recommandent que les fournisseurs d'accès à Internet puissent proposer, après expérimentation, l'installation de système de filtrage sur le poste de travail de leurs abonnés , si ces derniers en font la demande.

Ils proposent également l'expérimentation de plusieurs technologies de filtrage, pour observer la nature du trafic sur internet. Enfin, si les experts considèrent que le filtrage systématique de l'Internet peut soulever des difficultés, il leur semble en revanche intéressant de déployer de façon limitée et alternative, à la manière de radars, des outils qui permettront notamment de sensibiliser les internautes par l'envoi de messages .

Le ministre de la culture et de la communication a proposé qu'un label de qualité puisse distinguer les fournisseurs d'accès à Internet qui offrent à leurs clients ces outils dans des conditions attractives. Il souhaite également qu'une expérimentation permette de fournir des données statistiques à l'Observatoire de la contrefaçon numérique qu'il a créé.

A l'heure qu'il est, l'industrie musicale et les autorités devraient avoir de plus en plus de mal à contrecarrer l'échange illégal de musique sur Internet. De plus en plus de technologies et de nouveaux usages réduisent l'efficacité des contrôles à néant. Alors que tous se concentrent encore sur les plateformes de téléchargement illégal, un nouveau mode d'échange est apparu : le peer-to-mail , qui permet aux utilisateurs de ne plus faire transiter leurs morceaux via des plates-formes d'échanges mais de simplement les échanger par email, en utilisant les nouveaux services de messagerie à grande capacité.

(Atelier groupe BNP Paribas - 11/03/2005)