Chez Telecom Italia, l'heure est à la séparation. L'opérateur italien de télécommunications a annoncé lundi sa volonté de scinder ses activités fixe et mobile, pour se diriger vers la...

Chez Telecom Italia, l'heure est à la séparation. L'opérateur italien de télécommunications a annoncé lundi sa volonté de scinder ses activités fixe et mobile, pour se diriger vers la distribution de "contenus" médias aux abonnés de l'Internet haut débit.
 
La décision, qui a été prise après la tenue du conseil d'administration, représente un véritable revirement stratégique dans la politique de l'entreprise. En 2004, le groupe avait en effet insisté pour racheter pour plus de 20 milliards d'euros les 44% de TIM, sa filiale de téléphonie mobile, dont il n'était pas propriétaire, et ce au nom de la convergence.
 
Pour beaucoup, ce retournement de situation découle de l'échec de la fusion fixe/mobile. Oriana Cardani, analyste chez Rasbankà Milan, explique : "S'ils séparent les entreprises [...], il est évident qu'ils admettent qu'ils se sont trompés". Cette volte-face semble puiser ses sources dans la situation financière de la société. Celle-ci présente en effet un endettement de plus de 41 milliards d'euros.
 
Pour se relever, le groupe pourrait alors préférer à la convergence des réseaux une offre conjointe réseau Internet – contenu. Pour les analystes de Royal Bank of Scotland, "Tronchett, peut-être frustré par les valorisations des actifs télécoms, tente de réinventer la société comme un distributeur de contenu haut débit afin de bénéficier de multiples plus élevés attachés à ce genre d'actifs".
 
A cet effet, le président de Telecom Italia, Marco Tronchetti Provera, s'est entretenu avec Rupert Murdoch, le propriétaire de News Corp et du télédiffuseur par satellite Sky Italia, dans le but de diffuser des films à la demande sur le réseau Internet de Telecom Italia, Alice Home TV.
 
Autre scénario envisagé : la cession de TIM qui, valorisée à 35 milliards d'euros, "permettrait", selon un actionnaire, "de résoudre d'un seul coup les problèmes du groupe en annulant sa dette". Cependant, dans un communiqué du 12 septembre, l'opérateur italien a précisé "qu'en ce qui concerne l'activité mobile, la compagnie répète n'avoir donné aucun mandat en vue de la cession, ni reçu aucune offre".
 
Pour les analystes, il serait possible de voir dans cette reconversion le résultat de pressions exercées sur le président Marco Tronchetti Provera par les gros actionnaires de l'entreprise. Olimpia, par exemple, qui contrôle Telecom Italia avec une participation de 18%, est détenue à 70% par Pirelli. Or ce même Pirelli va devoir prochainement débourser 1.1 milliard d'euros pour racheter les 9,5% de Telecom Italia détenus par les banques.
 
Une reconversion en "media company" pourrait redorer le blason du groupe. A suivre...
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 12/09/2006)