La filière de Google souhaite rendre les données collectées depuis l’espace facilement exploitables par les acteurs économiques.

Terra Bella veut convertir l’imagerie par satellites en données chiffrées

A son lancement, en 2009, Skybox ambitionnait de devenir une entreprise d’imagerie géospatiale, mettant en orbite de petits satellites capables de fournir des images de haute précision. Cinq ans plus tard, visiblement convaincu par les avancées réalisées, Google rachetait la start-up, notamment pour améliorer son service Google Maps. A la même époque, Skybox met son premier satellite en orbite. Aujourd’hui, l’entreprise affirme avoir pris pas loin de 100 000 images haute définition de la planète. Et opérer un changement de cap. « L’information géospatiale constitue une opportunité formidable pour relever les défis économiques, sociétaux et humanitaires du XXIe siècle, mais l’imagerie par satellite ne constitue qu’une pièce du puzzle. » écrivent ainsi les trois fondateurs de Skybox, Dan Berkenstock, John Fenwick et Ching-Yu Hu, sur le blog de l’entreprise. A l’imagerie par satellite, ils veulent désormais ajouté le traitement à l’aide du machine learning, et l’apport d’experts pour convertir l’imagerie haute définition en données directement exploitables par les agents économiques. Pour illustrer ce nouveau cap, la start-up fait peau neuve et adopte un nouveau nom : Terra Bella.

Une mine d’or pour les acteurs économiques

L’intérêt de la start-up (et, au-delà, de Google) pour les donnés extraites de l’imagerie par satellite n’a rien d’étonnant. Ces dernières constituent une formidable mine d’or pour les acteurs économiques,et ce dans tous les domaines. Construction, trafic portuaire, récoltes agricoles, déforestation, catastrophes naturelles… autant de phénomènes impactant directement de nombreuses entreprises à travers le monde, et que l’imagerie par satellite, couplée à des outils d’analyse et de recoupement, peut retranscrire sous forme chiffrée. GAFA et fonds en capital-risque ont d’ailleurs massivement investi dans les start-ups de l’aérospatial en 2015.

Scanner la terre en temps réel

L’enjeu consiste notamment à offrir une actualisation des données la plus fréquente possible, afin de tendre vers une présentation des évolutions de la planète en temps réel. Lors de l’évènement Dreamforce, en septembre dernier, l’entreprise Planet Labs affichait ainsi son ambition de déployer suffisamment de satellites pour offrir une sorte de scanner analysant en temps réel tout ce qui se passe sur terre. Plus récemment, l’entreprise CartoDB, qui transforme les données géospatiales en cartes faciles à interpréter, a annoncé la mise en place d’un nouvel outil permettant d’identifier et visualiser des tendances de fond brassant d’immenses quantités de données. Les grandes entreprises ont tout intérêt à garder un oeil sur ces start-ups qui quantifient le monde depuis l’espace.

 
Rédigé par Guillaume Renouard