Dans ce marché unique qui n'a rien d'homogène, où en sont les TIC ? L'état des lieux montre une croissance stable du secteur des TIC mais un rôle de suiveur en matière d'innovation et de...

Dans ce marché unique qui n'a rien d'homogène, où en sont les TIC ? L'état des lieux montre une croissance stable du secteur des TIC mais un rôle de suiveur en matière d'innovation et de recherche.
Une croissance stable des TIC et des télécommunications dans les pays européens
D'après un communiqué de l'European Information Technology Observatory (EITO), le marché des TIC dans l'Union Européenne devrait afficher une croissance de 2,9 % en 2005 pour une capitalisation de 614 milliards d'euros.
"Comme prévu, les nouveaux états membres prennent le dessus dans le processus de croissance. Dans beaucoup de pays d'Europe de l'Est ou d'Europe centrale, les taux de croissance sont à deux chiffres", explique Bruno Lamborghini, directeur de l'EITO. Loin derrière, on trouve les membres plus anciens comme la France et l'Espagne avec des taux de croissance respectivement de 2,9 % et 3,1 %.
Pour la première fois depuis longtemps, le marché des technologies de l'information affiche une hausse, cette année de 3,7 % à 290 milliards d'euros. Cette croissance devrait se poursuivre en 2006 pour atteindre 4,2 % selon l'EITO.
Le secteur des services technologiques enregistre une croissance solide. La mise en application des nouvelles normes de conformité financières telles que l'International Accounting Standards (IAS) ou de l'International Financial Reporting Standards (IFRS) ont rendu nécessaires des investissements technologiques considérables. Le secteur doit aussi son dynamisme à l'externalisation des solutions technologiques.
La Commission européenne définit 19 mesures pour booster la recherche et l'innovation en Europe
La Commission européenne dresse de son côté un constat en demi-teinte. Malgré une croissance stable, l'Union Européenne n'a pas rattrapé son retard en matière de recherche et d'innovation par rapport aux Etats-Unis. Cet écart s'est même creusé au fil des années entre un géant américain à la pointe du progrès et une union européenne qui finalise encore sa construction.
Ces années ont aussi vu émerger de nouvelles puissances technologiques dont le développement passe par l'effort de recherche et d'innovation : la Chine et l'Inde. Plus qu'une nécessité, il est apparu à l'UE comme une urgence de déployer, concrètement, les moyens d'entrer dans cette compétition. La Commission européenne a ainsi défini 19 mesures qui s'articulent sur quatre axes pour forcer l'effort technologique des pays européens.
Ce sont d'abord les politiques européennes qui doivent être centrées sur la recherche et l'innovation. Cet effort passe notamment par une "meilleure réglementation en faveur des nouvelles technologies", la "réaffectation des aides d'Etat à la recherche", la construction d'un "marché unique qui attire les chercheurs". L'UE doit donner l'image d'un pôle de compétitivité.
Ensuite, le financement de l'UE doit être revu dans le sens d'une mobilisation des ressources "au profit des technologies de pointe". Les PME doivent avoir "un accès facilité au financement". Les pays ont comme rôle d'être les acteurs de cette politique avec des programmes nationaux doivent être mobilisés dans le sens de l'innovation.
L'entreprise pourrait de son côté pousser cet effort en développant des partenariats avec des universités. Elle doit développer des pôles d'innovation et se réunir en groupement "axés sur la recherche". L'UE coordonnerait cet effort en effectuant "un suivi de la recherche et de l'innovation industrielles".
Ces objectifs sont pour la plupart affichés depuis longtemps. Gageons qu'ils soient suivis des faits ! L'objectif affiché de la Commission est de pousser les investissements en faveur de la recherche à 2,6 % du PIB en 2010 contre 1,9 % en 2002. La clé pour atteindre ces objectifs est la coordination des efforts entre les niveaux national, régional et européen. Le déploiement de ces mesures ne doit pas être un morcellement qui perd sa cohérence globale mais une délégation entre des échelons qui usent de subsidiarité.
Ornella Nomber, pour l'Atelier
(Atelier groupe BNP Paribas- 21/10/2005)