[French Tech Tour] Entretien avec Philippe Coste, directeur délégué de French Tech Toulouse pour comprendre les spécificités de la ville rose dans le monde de l’innovation.

Toulouse #1 : «terre d’expérimentations» entre IoT et aérospatial

Head of schools à l’Epitech, Philippe Coste est aussi directeur délégué de French Tech Toulouse. Deux casquettes pour une vision large de l’écosystème de l’innovation dans la métropole toulousaine. Un écosystème qui semble hésiter entre le monde de l’espace et celui de l’Internet des objets.

L’Atelier : Toulouse vient de recevoir le label French Tech. Pourquoi un tel label décerné à la ville ?

Philippe Coste : La French Tech est un projet qui demande à des écosystèmes de s’organiser de se fédérer de manière à accélérer la dynamique entrepreneuriale autour de l’innovation. C’est un label qui nous permet aussi de rayonner en France et à l’étranger pour dire combien les talents sont là et les entreprises présentes.

Philippe Coste
                                        « Toulouse est devenue une ville de start-up » selon Philippe Coste
 

Dès lors, pourquoi Toulouse ? Parce que c’est une ville de l’informatique. Une ville de l’innovation aussi portée par des lignes de force importantes : autour de l’aéronautique et du spatial essentiellement. Mais, depuis les années 2000 Toulouse est devenue une ville de start-up. Il s’agit là d’un terreau extrêmement fertile sur lequel ont été développées des initiatives fortes comme l’association la Mêlée qui a su fédérer les acteurs. Mais aussi des pôles ou des associations de start-up comme l’IoT Valley. Tout ceci dans un système riche de formation, d’écoles, d’universités qui savent former les talents. Riche aussi – et c’est une particularité de Toulouse – d’un très grand nombre d’associations. Tous ces éléments créent une constellation forte pour porter la dynamique entrepreneuriale.

Quelle(s) différence(s) entre Toulouse et d’autres villes labélisées French Tech ?

Toutes ces villes sont héritières de leur histoire tout en ayant envie d’inventer demain. C’est justement parce que nous sommes riches de notre passé, que l’innovation à Toulouse est très portées vers les systèmes embarqués et le hardware. 80 % de l’économie numérique est constitué de sociétés de services autour de l’embarqué, de l’aéronautique et du spatial. Ce domaine forme les compétences et forge de bonnes idées.

 

Pour autant, si on parle innovation plus largement, il faut aussi évoquer l’e-santé ou l’agroalimentaire dans lesquels la ville a son rôle à jouer. Toulouse est forte de cette richesse. Car le monde de l’innovation toulousain en train de s’étoffer : à côté du domaine aérospatial, nous voyons de plus en plus de la robotique agricole et un grand nombre d’autres pépites.

Nos amis montpelliérains nous expliquent ainsi à quel point eux sont partis d’une terre aride. Il leur a fallu inventer un système numérique. Cela leur a donné une agilité, une vision et une volonté différentes des nôtres. C’est un écosystème très riche d’innovations et d’usages tandis que nous sommes héritiers d’un secteur industriel fort.

Y-a-t-il donc, à Toulouse, une volonté d’investir tous les domaines de l’innovation ?

Quand nous nous sommes réunis pour le label French Tech, nous avons constaté des lignes de force qui devaient être florissante pour ce nouvel entreprenariat. Et de fait, nous pensons que Toulouse doit devenir un centre important autour de l’Internet des objets. Aujourd’hui la TIC Valley a muté pour devenir l’IoT Valley par exemple.

« Utiliser le numérique pour répondre à des besoins et non plus faire du numérique pour du numérique »

Car, il faut se donner la volonté de dépasser les cloisonnements de domaines pour faire de Toulouse un territoire d’expérimentations. Cela permettrait de porter beaucoup d’idées au-delà des silos technologiques. Le numérique est universel, transversal. Ce qui détermine l’entreprenariat aujourd’hui ce sont certes des besoins mais surtout des usages. Il faut donc passer d’abord par l’observation et l’analyse des usages qu’ils soient industriels ou commerciaux. Le but c’est d’être capable d’organiser l’expérimentation, la validation des hypothèses, la détermination des usages nouveaux pour résoudre des problèmes concrets. Tout cela doit favoriser l’émergence de projets solides. Cela permet d’utiliser le numérique pour répondre à des besoins et non plus faire du numérique pour du numérique. En somme, Toulouse territoire de l’IoT certes, mais aussi Toulouse terre des systèmes embarqués de par notre histoire et terre d’expérimentations.

Retrouvez la suite de notre French Tech Tour à Toulouse.

Rédigé par Guillaume Scifo