Depuis le 22 mai, le RATP a généralisé l'utilisation du passe sans contact Navigo, pour remplacer la carte orange. Sont ainsi concernés les quelques 2 millions de Franciliens porteurs d'une carte...

Depuis le 22 mai, le RATP a généralisé l’utilisation du passe sans contact Navigo, pour remplacer la carte orange. Sont ainsi concernés les quelques 2 millions de Franciliens porteurs d’une carte orange hebdomadaire ou mensuelle. Une petite révolution, car l’usage sera certes plus pratique : plus besoin de glisser son coupon Orange dans la borne, il suffit d’effleurer le dessus de la borne avec son passe Navigo pour que son titre de transport soit reconnu. Cela permettra de fluidifier la circulation des usagers, d’après la RATP.
 
Au détail près que cela consacre l’entrée des puces radio dans la vie quotidienne des Franciliens. En effet, ce passe sans contact repose sur une puce électronique munie d’une antenne, issue de la technologie de l’identification par radiofréquence (radio frequency identification ou RFID). Concrètement, ce passe "sans contact" peut être lu à distance, par exemple par des agents RATP munis d’un lecteur adéquat, sans contact direct avec la carte – donc éventuellement à l’insu de son porteur. Pour la RATP, il s’agit de lutter contre la fraude. Les informations sur chaque voyageur seront conservées pendant 48 heures.
 
La RATP envisage même de développer de services mobiles autour de ce passe. En février dernier, lors du "Mobile Monday" organisé par la FING et l’association Silicon Sentier, Patrick Vautier, directeur marketing de la RATP, dévoilait ainsi les grandes lignes du pack "RATP dans la poche", annoncé pour cet automne. Concrètement, via les trois opérateurs de téléphonie mobile, l’usager aura accès gratuitement à des services d’information sur le trafic, et sur des événements organisés par la RATP. Et dans un second temps, elle lancera un pack de services payants, avec notamment du guidage dans les transports en commun par géolocalisation, quand la couverture cellulaire le permettra.
 
En fait, cet outil anodin et bien pratique consacre l’entrée dans un univers constellé de systèmes de traçage des individus. Et d’autres régies de transports remplacent déjà leurs tickets papier par des passes munis de puces RFID, comme la Transcarte à Valenciennes, Técély à Lyon, ou la Carte perso à Marseille.
 
Capucine Cousin, pour l'Atelier
 
(Atelier groupe BNP Paribas - 23/06/2006)