Encourager la participation à des projets communs facilite l'épanouissement en entreprise et réduit la réalisation d'actes répréhensibles. Un objectif qui est plus l'affaire d'un mode de pensée que d'outils technologiques.

Quand le travail collaboratif absorbe les comportements nuisibles

Les managers doivent encourager leurs employés à travailler de manière connectée et collaborative pour éviter le désengagement et le "sabotage" au sein de l'entreprise, révèle une étude menée par des chercheurs des universités du Minnesota et de Colombie-Britannique. Les salariés envieux de la réussite de leurs confrères seraient plus susceptibles d'agir de manière éventuellement suspicieuse s'ils se sentent isolés, en marge d'un groupe ou des préoccupations de l'entreprise : "Le feu ne prend pas à moins que les employés ne développent un 'désengagement moral', une manière de penser qui leur permet de rationaliser ou de justifier des actes de malveillance envers autrui", explique Karl Aquino, l'un des auteurs de l'étude. Du coup, avec la montée en puissance des outils de collaboration 2.0, il est légitime de se demander s'ils peuvent être propices à fédérer les collaborateurs.

L'importance d'un projet d'entreprise

Selon Bertrand Duperrin, consultant en management 2.0 chez Nextmodernity et répondant à L'Atelier, le succès repose avant tout sur le projet global de l'entreprise : "Ces outils collaboratifs ne sont qu'un levier, ils ne peuvent se substituer à une politique managériale et de ressources humaines adéquate, permettant aux employés de se découvrir et de s'entraider", explique t-il. Avant d'ajouter : "Cela n'est possible qu'avec un état d'esprit particulier". Pour lui, la nécessité est ainsi avant tout de valoriser l'émulation et la réussite collective plutôt que la compétition : récompenser un individu alors que le groupe a échoué ne peut être que contre productif. Cela, dans le monde réel ou sur une plate-forme.

Un bon indicateur des relations professionnelles

Finalement, l'avantage de ces outils collaboratifs serait surtout de pouvoir mettre en lumière certains problèmes de management et éviter que les relations entre membres du personnel ne s'enveniment : "La visibilité de ces plates-formes empêche le sabotage. C'est un excellent thermomètre de la santé d'une entreprise car une telle transparence permet des actions correctives rapides et pertinentes, pour peu que la firme soit prête à se remettre en question", poursuit Bertrand Duperrin. Le plus gros risque rencontré ne serait pas les envies répréhensibles des salariés mais bien la désertion de telles plates-formes à cause de l'inaction des managers ou de la direction à régler les incidents internes. Cela impliquerait alors un retour en arrière dommageable des méthodes de travail au sein d'une entreprise.