L'opérateur allemand Deutsche Telekom sera aujourd'hui représenté au tribunal civil de Francfort. Il doit répondre des accusations de 15.000 petits porteurs selon lesquels l'opérateur les aurait...

L'opérateur allemand Deutsche Telekom sera aujourd'hui représenté au tribunal civil de Francfort. Il doit répondre des accusations de 15.000 petits porteurs selon lesquels l'opérateur les aurait floués au moment de son entrée en bourse. Plus de 750 avocats, représentant ces personnes, ont déposé plus de 2000 recours contre l'opérateur. Au total, 150 millions d'euros de dommages et intérêts sont réclamés à Deutsche Telekom.

Dans la pratique, le tribunal de Francfort n'examinera qu'une dizaine de recours. Le procès, jugé colossal, aurait nécessité des années de procédure si l'ensemble des recours avait été étudié. Il devrait faire les choux gras de la presse allemande, qui s'intéressera sans doute beaucoup à ce qui se présente comme un retour sur expérience, des années plus tard, des excès de la bulle Internet et télécommunications.

Quel est le fond de l'affaire , exactement ? Deutsche Telekom est accusé par ses petits porteurs d'avoir publié de fausses informations au moment de son introduction en bourse, en 2000, ce qui aurait précipité la chute de son titre en bourse.

Après une surévaluation de son portefeuille immobilier en 2000, Deutsche Telekom était revenu en février 2001 sur ses chiffres : l'opérateur avait ainsi rabaissé de deux milliards d'euros son parc immobilier ! Par ailleurs, les petits porteurs accusent l'opérateur de ne pas les avoir informés du rachat imminent, au moment de l'introduction en bourse, de l'opérateur américain de téléphonie mobile Voice Stream pour 40 milliards de dollars.

A l'époque, la bulle Internet enfièvre les esprits, et Deutsche Telekom est sourd à la voix des analystes qui estiment pourtant que le prix du rachat est beaucoup trop exagéré... Qu'à cela ne tienne, le titre bat des records en bourse, et pour de nombreux particuliers, parier sur Deutsche Telekom est devenu un placement sans risque.

C'était sans compter sur l'éclatement de la bulle Internet, qui remet les choses à niveau : en 2002, l'action de l'opérateur qui est montée jusqu'à près de 104 euros tombe à 8,59 euros , après que le groupe a publié la plus lourde perte jamais enregistrée par une entreprise européenne...

(Atelier groupe BNP Paribas - 23/11/2004)