En collaboration avec l’Union européenne, une équipe de chercheurs a créé une application mobile destinée à inciter ses utilisateurs à modifier leurs habitudes de déplacements quotidiens et pourquoi pas de réduire les embouteillages.

Tripzoom mise sur des mesures incitatives pour un déplacement intelligent

Est-on prêt à modifier ses habitudes de transport sous les conseils de son téléphone ? Une équipe de chercheurs européens a fait le pari que oui. Soutenus à hauteur de 2,95 millions d'euros, ces chercheurs ont créé une application mobile, Tripzoom, qu’ils ont pu développer par le biais d’un consortium Sunset (Sustainable Social Network Services for Transport). Concrètement, il s’agit d’inciter, sur la base d’un journal personnel,  les utilisateurs à prendre les transports publics, pédaler ou marcher selon les situations ; pas tant pour un gain de temps mais plutôt pour réduire l’impact environnemental, optimiser ses coûts de transport ou améliorer sa santé. Trois laboratoires vivants ont permis d’y parvenir, à savoir des volontaires de trois villes de trois pays : Enschede aux Pays-Bas (près de 160 000 habitants), Göteborg en Suède (environ 1 million d’habitants, agglomération comprise) et Leeds au Royaume-Uni (près de 2 millions d’habitants agglomération comprise).

Un objectif triple pour l’utilisateur

L’application s’appuie sur trois types de données : les habitudes de déplacement de l'utilisateur via leurs smartphones, les informations relatives à la circulation pour aider les utilisateurs à trouver des itinéraires moins encombrés et les réseaux sociaux.  "L'objectif est d'essayer d'influencer les personnes pour prendre des décisions intelligentes en termes de transport", explique le coordinateur du projet Sunset, le Dr Marcel Bijlsma. Pour être efficace, l’incitation doit être concrète. Il peut s’agit par exemple d’indiquer la somme économisée, l’émission de CO2 ou bien les calories perdues en choisissant tel moyen de transport public plutôt qu’un autre.  Des points et des récompenses permettent de voir dans quelle mesure les déplacements des utilisateurs sont judicieux. S’ajoute à cela la possibilité de partager ses performances ou ses choix sur les réseaux sociaux et "inciter les groupes d'amis à atteindre des objectifs communs", explique le scientifique. Quand la voiture est considérée comme le seul moyen de transport possible, l’application se sert des réseaux sociaux pour trouver des partenaires de covoiturage.

Incitation personnelle et non collective

Les travaux de recherche du consortium ont montré que les villes qui encouragent l'utilisation de l'application pourraient connaître une réduction de 5% du trafic aux heures de pointe. Ces prévisions s’appuient sur le fait que 90% des quelques 250 millions de véhicules en circulation sur les routes européennes sont des voitures particulières, soit un véhicule pour deux citoyens de l'Union européenne.  La question est de savoir si cette initiative sera plus efficace que les campagnes collectives de sensibilisation. Une approche centrée sur l'utilisateur peut réellement faire la différence, estime le Docteur Bijlsma. A condition que la confidentialité des  informations collectées et partagées avec des tiers puisse être contrôlées par les utilisateurs.

 

 
 
Rédigé par Virginie de Kerautem
Journaliste