Etudier les tweets rédigés lors du séisme survenu cette année au Japon permet d'obtenir des données sur l'état d'esprit de la population et de la vitesse de transmission d'une information sur le site.

Twitter confirme son rôle de catalyseur d'émotions et d'événements

Plusieurs études menées sur Twitter ont déjà prouvé que le site de micro-blogging pouvait être un bon indicateur pour analyser et comprendre les réactions de l'opinion publique vis-à-vis des catastrophes naturelles ou sanitaires. Partant de ce principe, des chercheurs de l'Institut National d'Informatique de Tokyo ont analysé plus de 1,5 millions de tweets émis par des internautes de la capitale japonaise et de sa périphérie entre le 9 mars et le 31 mai 2011, soit la période de crise ayant suivi le tremblement de terre du Tohoku. A l'aide de mots clefs se rattachant à trois catégories principales (tremblement de terre et tsunami, radiation, anxiété), ces scientifiques ont montré qu'il existait une connexion importante entre les données collectées sur Twitter et les évènements se produisant au Japon.

Des pics d'activité en rapport avec les évènements

Ainsi, on s'aperçoit que les premiers tweets tokyoïtes parlant du tremblement de terre sont apparus moins de deux minutes après ce dernier, alors même que toutes les lignes téléphoniques étaient coupées en raison du séisme, et que seul l'Internet par réseau 3G fonctionnait. On constate également des pics d'activité sur le réseau les 7 et 11 avril, dates des deux répliques les plus importantes. Le même phénomène peut être observé au niveau des inquiétudes concernant les radiations. Par exemple, lors du séisme violent frappant Fukushima le 11 avril, les tweets se sont multipliés le lendemain sur les risques de fuites radioactives.

Des nuances importantes selon la nationalité

En distinguant les messages en anglais et ceux en japonais, les chercheurs ont également pu se rendre compte des différences entre les réactions des étrangers vivant sur place et des locaux. L'étude montre un pic d'activité dans les deux langues juste après la catastrophe. Mais là où les tweets japonais ont diminué rapidement pendant deux semaines pour enfin se stabiliser, les messages en anglais ont connu des sursauts réguliers. Selon les scientifiques, cela tendrait à confirmer le calme des populations locales durant cette crise, contrairement à l'attitude des étrangers, beaucoup plus anxieux ou moins bien informés, caractérisée par de nombreux retours dans leur pays d'origine.