Le Digital Policy Council a enquêté sur les grandes tendances des leaders politiques sur Twitter. Selon les continents, les attitudes sont bien différentes.

Twitter, la démocratie et les chefs d’État: l’arrivée massive des pays émergents

Chaque année depuis 2010, le groupe de recherche Digital Policy Council (DPC) dresse un bilan des chefs d’État sur Twitter dans les démocraties du monde. Et depuis quatre ans, le constat est le même : de plus en plus de leaders politiques se mettent au réseau social. Le bon le plus spectaculaire a ainsi eu lieu entre 2011 et 2012 : de 42 % de chefs d’État adeptes des 140 caractères, la barre est passée à 75 %. La proportion commence toutefois à stagner d’un point de vue global puisqu’en 2014, la progression n’a été que de 2 %. Mais les chiffres deviennent plus intéressants lorsque l’on regarde le détail.

En fait, on assiste à de grandes disparités d’un continent à l’autre. On constate d’ailleurs sur Twitter une avancée des pays émergents notamment d’Amérique latine. Ainsi, dans le top 10 des leaders les plus suivis, quatre sont originaires d’Amérique latine. Symbole de l’émergence de cette région sur les réseaux sociaux, les présidents latino-américains sont à la fois plus nombreux à tweeter et sont de plus en plus suivis. Selon l’étude, Twitter est devenu l’emblème de la stratégie de communication des dirigeants du continent qui se concentre massivement sur le digital.

De même, l’Inde, première démocratie du monde, fait un bon assez spectaculaire dans la classement de DPC passant de la 16e à la deuxième place grâce aux 8 millions de followers du premier ministre Narendra Modi. Il avait axé l’ensemble de sa campagne électorale du début 2014 autour de Twitter, refusant même à certains moment de donner des interviews aux journalistes.

De l’autre côté de l’Atlantique, l’Europe fait pâle figure. Aucun des chefs d’État du continent ne figure dans le top 15 des dirigeants les plus suivis. Seul le premier ministre italien Matteo Renzi apparaît en 16e position avec 1,5 million de followers. De leurs côtés, David Cameron et François Hollande n’arrivent qu’en 18e et 19e positions avec près de 700 000 abonnés. Des chiffres qui n’évoluent pas vraiment depuis l’an dernier et qu’on ne peut expliquer par la seule démographie.

Malgré ces nouvelles disparités régionales, l’étude souligne une avancée majeure dans les démocraties du monde puisque en l’espace de quatre ans on passe de 10 millions de personnes suivant un dirigeant à 116 millions en 2014. Le chiffre n’a jamais été aussi important et tendrait à infirmer l’idée qui voudrait voir les citoyens se désintéresser de la politique.

 
Rédigé par Guillaume Scifo