Pour que le contenu des vidéos hébergées soit de qualité, il est essentiel de trouver le bon encodage ou cryptage. Un choix parfois complexe puisque des impératifs de sécurité de données se font de plus en plus ressentir.

Un usage massif de la vidéo ne se fera pas sans un cadre sécuritaire adéquat

L’utilisation croissante des contenus vidéo par les entreprises ou celle de la vidéo à la demande pose la question de la sécurité du contenu face aux éventuels piratages. Bien sûr, il existe une multitude d’algorithmes d’encryptage de données. Mais selon une équipe du Jaypee Institute of Information and Technology en Inde, ces derniers sont souvent utilisés pour le texte et les données binaires, ne répondant donc pas aux besoins de cryptage de contenus vidéo. Le challenge aujourd’hui pour les responsables de la sécurité de données multimédias est donc d’offrir des méthodes de cryptage ou d’encodage sécurisées ne modifiant pas le format de la vidéo pour la rendre lisible, et donc sans modifier sa qualité. Plusieurs techniques sont possibles, qui utilisent chacune un certain nombre d'algorithmes de codages. Les scientifiques ont entre autres étudié la méthode dite "naïve", qui fournit un important niveau de sécurité mais n’est pas applicable à la vidéo en streaming.

Politique marketing

Une autre, baptisée méthode de permutation, est plus rapide mais pas assez sécurisée. Selon eux, choisir le cryptage dit sélectif réduit la complexité et permet un niveau de sécurité et de rapidité en fonction des paramètres que l’on choisit de crypter. Cela, sans que la méthode soit encore la plus adaptée : selon les chercheurs, le défi est désormais de proposer une solution qui combine l'ensemble des paramètres de codage reconnus comme la dégradation visuelle, le ratio d’encryptage, la vitesse de cryptage et de décryptage, la capacité à subir des compressions de données, la compatibilité du format et enfin le niveau de sécurité. Quoi qu’il en soit, pour Pierre-Yves Kerembellec, expert technique senior chez Dailymotion : "le but est d’assurer un cryptage certifié et reconnu par les clients BtoB qui souhaitent héberger du contenu sensible dans les nuages, comme celle d’Adobe Flash Access". La notoriété de la méthode de cryptage est donc un élément essentiel.

Cryptage ou encodage ?

"Le cryptage est donc un choix technique, mais répond également à une politique de marketing", ajoute le responsable. Et d'expliquer qu'actuellement il existe deux techniques pour assurer la sécurité d’un contenu vidéo. "La première consiste à encrypter la connexion entre le player flash et le serveur qui héberge le contenu, ce qui correspond à une connexion sécurisée de type https ". Toutefois, précise t-il, "en France, cette solution est considérée comme insuffisante car il est possible de reconstituer le contenu". Pour lui, il est préférable d’encrypter des segments de vidéos. "Il existe une multitude de solutions mais les plus sécurisées sont celles qui sont accrédités par le DECE, un consortium qui a pour but de standardiser le contenu digital ". En effet, il est plus difficile d’être victime de "reverse engineering", à savoir de reconstitution de contenu, en choisissant cette technique.