Le podcast est la vedette de l'année 2005. Après avoir été élu "mot de l'année", il intègre le New Oxford Dictionary qui le définit comme "enregistrement numérique d'une émission de radio ou...

Le podcast est la vedette de l'année 2005. Après avoir été élu "mot de l'année", il intègre le New Oxford Dictionary qui le définit comme "enregistrement numérique d'une émission de radio ou d'un programme similaire rendu disponible au téléchargement sur Internet en vue de le mettre sur un lecteur MP3". Après une année qui a été marquée par la pénétration du podcast dans les moeurs, quels sont ses usages principaux ? Et d'abord, que permet-il ?

Le podcast permet de sélectionner des émissions audio ou vidéo qui sont diffusées par épisode, comme les programmes de radio par exemple, pour les transférer sur son baladeur numérique. La mise à jour peut se faire automatiquement ou manuellement (pour éviter d'être submergé par dix fichiers à la fois). Aujourd'hui, la plupart des radios proposent leurs émissions en podcast. Et les chaînes de télévision aussi s'y sont mises.

Aux Etats-Unis, CNN propose aux internautes de s'abonner au journal télévisé. En France, TF1 a négocié avec iTunes l'exclusivité du podcast Star Academy qui permet aux fans de revoir les meilleurs moments de l'émission. Allociné propose aussi, depuis peu, ses bandes annonces en podcast vidéo.

Ces deux nouveautés sont distribuées en exclusivité sur iTunes. Elles sont donc réservées aux détenteurs d'iPod Vidéo. Ces exclusivités sont a priori anecdotiques. Cependant, elles révèlent la possibilité d'un vecteur de puissance pour Apple. La firme à la pomme bénéficie de son image de marque pour négocier des exclusivités avec les plus gros diffuseurs de contenus : radio, télévision et même cinéma. De nombreux sites Internet listent les podcasts disponibles : podemus, podcast.net, podcastdirectory... Parmi eux, iTunes. Et il serait naïf d'oublier que dans podcast, il y a "pod".

En discriminant les détenteurs de baladeurs de marques concurrentes, Apple fait de la publicité à son iPod. On peut imaginer que la firme a en tête un nouveau modèle économique. Elle ne vendrait plus seulement un baladeur numérique au design branché. En acquérant un iPod, le consommateur achèterait un baladeur numérique et l'accès à un annuaire de podcasts qu'il ne pourrait pas consulter s'il avait choisi une autre marque. Et si le géant redoutait l'essoufflement de la mode iPod ? Le podcast n'est-il pas un moyen d'en faire un baladeur à haute valeur ajoutée ?

En dehors des contenus "officiels", le podcast est un moyen de diffusion que les écoles et les universités n'ont pas tardé à adopter. Certaines facs américaines, comme Berkeley, proposent des cours en podcasts. N'ont-elles pas peur de l'absentéisme ? Non, elles y voient surtout le moyen de travailler à son propre au rythme ou de pouvoir revenir sur des difficultés.

Des écoles et des collèges américains utilisent aussi le podcast pour créer des émissions avec les élèves. Ces derniers peuvent réciter des p oèmes, faire des reportages, des interviews ou des lectures. Les instituteurs sont très enthousiastes. Ils expliquent que la perspective de pouvoir se faire entendre d'enfants du monde entier motive énormément les élèves. En outre, les parents peuvent ensuite récupérer les flux de leurs enfants.

Les podcasts sont aussi parfaits pour l'apprentissage de langues étrangères. Et ce, en dehors de tout cadre scolaire. Ecouter la langue que l'on apprend dans le métro ou en faisant son footing est un moyen de progresser rapidement.

Cependant, derrière toutes ces possibilités, se pose la question du financement. Le podcast est gratuit. Deviendra-t-il un nouveau support publicitaire ? Si Allociné propose aujourd'hui de s'abonner à des flux de bandes-annonces gratuitement, la société parle d'y insérer des publicités. Les podcasts de certaines émissions de radio sont entrecoupés de pages publicitaires, comme ils l'ont été lors de leur diffusion. Si l'on maintient les publicités sur les émissions podcastées, ne peut-on pas les vendre bien plus cher ? Comme le blog, le podcast sera-t-il un nouveau terrain pour les spams ?

Points forts :

choix du moment pour l'écoute de la radio ou le visionnage de la télévision

Moyen de diffusion pour tous et à tous

Potentiel pédagogique fort

Usage gratuit, facile et automatique

Points faibles :

Possibilité pour Apple d'asseoir la suprématie de son baladeur numérique

Risque d'un assaut du podcast-spam ?

(Atelier groupe BNP Paribas - 23/12/2005)