Trois chercheurs ont surveillé pendant deux ans le comportement de 169 utilisateurs d’Internet de la région de Pittsburg (Pennsylvanie). Ils ont enregistré le nombre et la durée des connexions au ré...

Trois chercheurs ont surveillé pendant deux ans le comportement de 169 utilisateurs d’Internet de la région de Pittsburg (Pennsylvanie). Ils ont enregistré le nombre et la durée des connexions au réseau. Les participants ont répondu à des questionnaires psychologiques standardisés et mesurer leur niveau de dépression, leur sentiment de solitude et leur isolement familial et social relatif , sur des échelles subjectives.

Il ressort de cette étude qu’une heure de connexion Internet par semaine augmente d’1 % le niveau de dépression mentale de l’internaute moyen, de 0,2 % le sentiment de solitude et lui fait perdre de vue en moyenne 2,7 membres de la cellule familiale.

Ayant commandité cette étude “Homenet”, les responsables d’Apple, d’Intel et d’Hewlett-Packard sont surpris par le résultat. Le docteur Robert Kraut, professeur de psychologie à l’université Carnegie-Millon déclare “nous sommes frappés par les résultats. Ils vont à l’encontre de ce que nous ressentions sur la manière dont Internet est utilisé dans les rapports humains”.

Les auteurs de l’étude préviennent toutefois qu’il ne faut pas généraliser, la population étudiée n’étant peut-être pas complètement représentative des citoyens dans leur ensemble.

Rora Bikson de la Rand Corporation, société spécialisée dans les études statistiques et psychologiques, reconnaît que les auteurs “ont fait une étude scientifique extrêmement soigneuse, on ne peut pas ignorer facilement ces résultats. Mais la cause est difficile à déterminer. S’agit-il de sujets qui abandonnent peu à peu tout contact interpersonnel et qui deviennent secondairement déprimés?”.

Dans leurs conclusions, les auteurs soulignent que les relations virtuelles entretenues via Internet ne fournissent pas le soutien et la chaleur nécessaires au bien-être et à la stabilité. (Le Figaro - 1er/09/1998)