Une vague de valorisations astronomiques d’entreprises à plus d’un milliard de dollars émerge depuis quelques années, celles-ci sont prénommées Licornes.

Valorisation : des Licornes, plus puissantes que prévues !

Bienvenue dans le « Club des Licornes » (Unicorn Club), cercle fermé réservé aux entreprises technologiques valorisées à plus d’un milliard de dollars. Ce terme a été popularisé en 2013 par Aileen Lee, fondatrice du fonds d’investissement Cowboy Ventures, qui avait réalisé un état des lieux des entreprises les plus prospères (créées après 2003). Venaient en premier lieu Facebook, suivi par LinkedIn, Twitter ou Groupon parmi les plus connus. Au total, trente-neuf entreprises avaient été répertoriées et elles se divisent en quatre modèles d’affaires : site d’e-commerce, site gratuit pour les internautes générant des revenus publicitaires, logiciel en tant que service (Saas) et logiciel professionnel. Entre 2003 et 2013, en moyenne quatre Licornes naissent chaque année. Mais en deux ans, le paysage technologique a bien changé, et les entreprises considérées comme des Licornes, donc spéciales et rares, se popularisent de plus en plus. En 2015, leur nombre a doublé et Fortune en dénombre plus de 80, chiffre en constante évolution.

Une bulle de Licornes ?

Le rapide développement de ces entreprises aux valorisations gargantuesques est lié à l’adoption des smartphones et des capacités améliorées des microprocesseurs, capteurs et technologies cloud. Cette bulle de Licornes a émergé depuis l’introduction en bourse de Facebook en 2012 avec une capitalisation boursière à 102 milliards de dollars, événement considéré comme historique dans l’histoire d’Internet.La valorisation de Facebook en fait d'ailleurs une « Super Licorne ». Cet événement imprévu par de nombreux fonds en capital-risque, réticents à investir dans Facebook, leur a servi de leçon et les investisseurs n’hésitent désormais plus à jouer gros dans une entreprise. Ainsi, d’après le cabinet d’affaires Cooley LLP, entre 2012 et 2014, le montant moyen des investissements en série A a augmenté de 135%. Et d’après la National Venture Capital Association, le montant des investissements en 2014 n’avait jamais été si élevé depuis les treize dernières années.

Le développement rapide de l'ère des Licornes est directement lié à l'adoption massive de smartphones

La course à la valorisation et aux milliards

Il est intéressant de comparer cette ère des Licornes avec la bulle Internet des années 1990 qui avait fait naître Google ou Amazon. Ces entreprises n’ont jamais atteint la barre de la valorisation à plus d’un milliard avant d’avoir été introduites en bourse, tandis que la plupart des Licornes actuelles sont encore privées : Uber, Airbnb, Snapchat, etc. D’après Renaissance Capital, le nombre d’introduction en bourse a fortement chuté depuis deux ans et les investisseurs privés continuent à investir de plus en plus, les entreprises enchaînant les levées de fond astronomiques, comme l’avait rapporté L’Atelier en début d'année. Ainsi, le titre de Licorne apparaît comme la distinction ultime dans le monde technologique, les start-up aspirant toutes d’atteindre cette barre du milliard de valorisation. « Cela nous donne entièrement une crédibilité et la capacité d’embaucher des personnes compétentes et importantes. » raconte Apporta Mehta, à la tête d’Instacart, valorisé à plus de deux milliards de dollars. Les Licornes n’ont pas dit leur dernier mot…

Rédigé par Eliane HONG
Journaliste