L’été dernier, le Seedstars World était à Ho Chi Minh pour explorer la scène startup vietnamienne.

Et pour cause, le climat y est propice: des taux de connectivité internet et de pénétration mobile en hausse constante, des développeurs talentueux à foison, et cerise sur le gâteau: un fort esprit d’entreprise. Mais sur la scène startup d’Asie du Sud-Ouest, cette recette est répandue. En quoi le Vietnam se distingue-t-il?

Lors du Seedstars Ho Chi Minh, nous avons été étonnés par la diversité et richesse des startups présentes. Certes, les copycats social media et commerce ne sont peut-être pas celles qui frappent le plus par leur avance. Toutefois, les startups vietnamiennes révèlent une grande expertise dans les domaines du big data, du tourisme, et même de l’élevage de champignons.

Et ces tendances ne sont pas une surprise: l’usage des réseaux sociaux a explosé au Vietnam grâce à une adoption toujours plus importante du smartphone par les habitants. Si à Istanbul, le même phénomène a encouragé les startups locales à être très, voire trop ambitieux, en créant de nouveaux Twitter et Facebook, les startups vietnamiennes l’ont appréhendé avec plus de d'humilité. On peut citer l’exemple de Chomp qui consiste en un outil de campagne publicitaire multi-canaux. Parallèlement, la confiance dans l’achat en ligne grandit, et évidemment, l’e-commerce en bénéficie.

Le Vietnam reste un pays dont la population reste très peu bancarisée - peu nombreux sont ceux qui disposent ou utilisent une carte bleue. Le « cash on delivery » soit le paiement à la livraison est courant, ce qui permet aux startups d’e-commerce, tels que le clone Diapers.com ou l’un des finalistes du Seedstars Taembe.vn d'y prospèrer sans obstacles.

Autres entreprises à tirer leur épingle du jeu, celles du SaaS. Quelques startups proposaient ainsi des solutions big data destinées aux PME locales, pour analyser et améliorer leurs modes de fonctionnement. CloudJet Solutions, qui a remporté la troisième place, est une de ces nombreuses startups.

Le secteur du tourisme est tout aussi riche d’opportunités. Triip.me, le gagnant du Seedstars Ho Chi Minh s’y investit. L’idée? proposer des visites guidées dont les endroits sont repérés par la communauté. Le fond est bon, leur modèle l’est davantage. Sans avoir levé de fonds, les fondateurs ont monté un modèle auto-suffisant et reçoivent des demandes du monde entier. Si le "lean startup" n’est pas un concept très enseigné au Vietnam, le "bootstrapping" est bien implanté dans la scène locale. Avec seulement une acquisition de startup tech par an, et très peu d’investisseurs locaux ou extérieurs, beaucoup de fondateurs survivent en travaillant la semaine ailleurs et s’occupent de leur startup en sus. Les Vietnamiens sont des bourreaux de travail et qui sait s’ils ne feront pas mouche lors de l’évènement final du Seedstars World, le 5 février prochain.