En comparant le modèle de propagation d’un véritable agent pathogène à la viralité sociale, des chercheurs ont démontré que celle-ci était somme toute possible à envisager.

Viralité sociale et épidémie, un même schéma de propagation ?

Des travaux récents ont montré que la propagation d’une information sur les réseaux sociaux n’était pas liée à la seule relation avec l’intensité et la fréquence de l’exposition de celle-ci. Selon une étude récente des chercheurs Nathan O. Hodas et Kristina Lerman de l’Information Sciences Institute de Marina del Rey, des contraintes cognitives viendraient contrecarrer ce modèle. Pour en venir à une telle conclusion, les chercheurs se sont, par ailleurs, appuyés sur un modèle épidémique afin prédire le partage d’un contenu sur les réseaux sociaux

Des contraintes cognitives et des facteurs d’influence sociale à prendre en compte

Car en effet, une trop grande exposition à des informations entraînerait un phénomène de saturation. Pour se repérer, le cerveau identifie alors les messages dont la visibilité est la meilleure, c’est à dire, en traduction sociale, qui ont été adoptées par des amis. Dans ce contexte, l’information la plus populaire vient à l’utilisateur, les autres devenant des informations spécifiques. Ce signal social vient alors encore amplifier la probabilité d'un nouveau partage, c’est d’ailleurs ce qui explique que les campagnes sur les médias sociaux sont beaucoup plus efficaces que par le passé. L’étude explique que la viralité sociale semble donc plus compliquée que le modèle d’une véritable épidémie dans laquelle une personne infectée (ou détentrice d’une information) entraîne potentiellement la transmission de la maladie (ou information) à une personne saine (ou non informée) et ce de manière exponentielle selon la fréquence des rencontres.

Une exposition  répétée pouvant s’avérer inhibitrice

Les agents hautement pathogènes ou connectés devraient amplifier la propagation d’une maladie. Or, dans la sphère sociale, il en inhiberait la diffusion. En effet, compte tenu de leur surinformation relative ainsi qu’un nombre plus important d’amis, ils seraient moins susceptibles d’identifier un élément au potentiel social fort pour un groupe donné. Ainsi compte tenu du nombre d’amis et de l’abondance d’une information, il est possible d’appréhender la rétraction sociale potentielle de celle-ci et ainsi sa visibilité. Cet ensemble forme alors une synergie sociale nécessaire dans la mesure où contrairement aux flux d’informations, les capacités de notre cerveau sont limitées.

Rédigé par Pierre-Marie Mateo
Journaliste