Un nouveau système de vitre intelligente auto-alimentée promet de réduire toujours plus les coûts énergétiques des bâtiments. Mais la technologie fait encore face à des obstacles.

La vitre intelligente, moteur des réductions d’énergie ?

Spécialiste des technologies solaires, le professeur Sun Xiaowei de l’université de Nanyang en Chine annonce avoir mis au point une “smart-window” écologique. Concrètement, la vitre développée par son équipe est le fruit des technologies dites électrochromes, c’est-à-dire qui sont capables de varier de couleur et d’intensité. Ils ont ajouté à ce procédé la capacité pour la vitre de stocker et produire sa propre énergie. En d’autres termes, on aurait affaire à une fenêtre auto-alimentée pouvant changer de teinte. Les vitres électrochromes actuelles consommaient déjà peu d’énergie mais l’invention de l’équipe de Nanyang pourrait augmenter les bénéfices écologiques d’une telle technologie.

Vers une consommation d’énergie optimisée

Le Laboratoire national des énergies renouvelable américain annonçait dès 2010 qu’une utilisation généralisée des vitres intelligentes réduirait la facture d’électricité du pays de 5 %. Un chiffre que ne peut que renforcer la vitre du professeur Sun Xiaowei. Car ces différents systèmes électrochromes peuvent, en changeant de teinte, réduire les besoins de chauffage et de luminosité en s’adaptant aux conditions. La vitre intelligente de l’université de Nanyang aurait également la capacité d’alimenter en électricité des LED. Son apport serait donc double : à la fois vitre auto-alimentée et batterie. “Notre technologie a une double fonctionnalité, c’est aussi une batterie transparente. Elle se recharge et devient bleue lorsque l'oxygène est présent dans le liquide conducteur. En d’autres mots, elle respire.” explique Sun Xiaowei.

Le prix, obstacle majeur à un développement plus large

Seule ombre à ce tableau écologique : le coût. Les installations de vitres intelligentes et leur prix prohibitif n’encouragent pas le développement de la technologie. Face à ce problème, une startup californienne, Heliotrope Technologies, promettait l’an dernier de nouveaux modèles de smart-window aux coûts drastiquement réduits. “Le prix reste un des principaux freins pour une plus large adoption des technologies de vitres intelligentes.” explique ainsi Jason Holt, cofondateur d’Heliotrope. Lui et son équipe affirment avoir la solution et veulent commercialiser au plus vite leur vitre intelligente et accessible. Ils sont aidés pour cela par les découvertes et les fonds du Laurence Berkeley National Laboratory alors même que, plus largement, les bâtiments intelligents font face à d’autres obstacles que ceux budgétaires.

Rédigé par Guillaume Scifo