Permettre aux hommes de voir et toucher des hologrammes en 3D : c’est le pari relevé par la start-up Ultrahaptics. Une innovation qui pourrait avoir des répercussions dans des domaines aussi variés que le cinéma, l’art ou la médecine.

Voir l’invisible...et le ressentir

Le terme hologramme vous évoque certainement la manière dont Dark Vador communique avec ses sbires dans la saga Star Wars : une création imaginaire qui fait rêver les enfants, au même titre que le sabre laser ou les voitures volantes. Pourtant, grâce aux travaux menés par une équipe de chercheurs de l’université de Bristol, la science-fiction pourrait bientôt devenir réalité.

« Notre but, c’est de vous donner la sensation du toucher, sans que vous ne touchiez quoi que ce soit. », explique le professeur Sriram Subramanian, membre de l’équipe, au media wired.co.uk. Une ambition qui repose sur la technologie Ultrahaptics, désormais développée par la start-up éponyme fondée fin 2013 par le scientifique et ses collègues.

Des ultrasons pour matière première

Concrètement, comment ça marche ? D’abord, un capteur de mouvements détecte la position de la main, donnant ainsi l’endroit exact où doit apparaître l’objet. Des milliers de minuscules haut-parleurs envoient alors des vagues d’ultrasons à cet endroit, qui créent des perturbations dans l’air et que l’on peut ainsi sentir sur la peau. On a alors la sensation de toucher un hologramme de la forme de l’objet voulu.

Toucher, c’est bien ; voir, c’est encore mieux. Pour cela, les chercheurs ont projeté les vagues d’ultrasons sur une fine nappe d’huile éclairée par une lampe. La forme de l’objet et ses mouvements éventuels deviennent alors clairement visiblement à la surface. Un écran 3D permet finalement de créer un objet virtuel que l’on peut à la fois voir et sentir.

Plusieurs types de formes ont ainsi pu être crées, dont des sphères et des pyramides. Si la résolution n’est pour l’heure pas parfaite, elle pourra être améliorée en utilisant des haut-parleurs plus petits, comme l’ont expliqué les chercheurs à l’International Business Time.  Pour l’heure, les ultrasons ne peuvent en outre pas franchir les tissus : il faut donc que la peau soit à nu. Enfin, selon les propos de Subramanian, rapportés par wired.co.uk, la technologie devrait permettre, dans le futur, de sentir également le poids et la texture exacte des objets.

Du cinéma à la médecine

On se doute bien qu’une telle invention n’a pas pour seul but de ravir les fans de Star Wars : quelles sont donc ses possibles applications concrètes ? Ce système permettrait d’abord d’améliorer considérablement l’expérience offerte par la 3D, dans les jeux vidéo mais aussi au cinéma. Ce qui explique que des entreprises comme Microsoft ou Magic Leap poussent actuellement leurs recherches dans ce domaine.

Elle permettrait ensuite à la médecine de réaliser d’importants progrès, en permettant notamment aux chirurgiens de détecter des maladies, comme des tumeurs, par voie tactile. Subramanian voit également de prometteuses applications à la sécurité routière, avec un système envoyant un picotement dans la nuque gauche du conducteur (là où se trouve l’angle mort) pour indiquer l’approche d’un autre véhicule. Enfin, c’est aussi dans le domaine de l’art que cette innovation pourrait faire des merveilles, selon Subramanian : « Dans les musées, les objets anciens sont derrière des parois en verre, mais il serait bien que les gens puissent les toucher. » Et s’il était bientôt possible de connaître la texture et le poids d’une antique sculpture égyptienne ou d’un vase étrusque ?

Rédigé par Guillaume Renouard