Une équipe de chercheurs de l’Université de Berkeley a élaboré une technologie de pointe qui permettrait d’améliorer le rapport qualité/prix des véhicules autonomes.

Des voitures autonomes moins chères grâce à une technologie laser inédite ?

La voiture autonome apparaît de plus en plus comme le moyen de transport du futur, ou tout du moins comme l’alternative qui s’imposera tôt ou tard face à la voiture avec chauffeur. On prévoit son arrivée sur les routes d’ici 2018, et son adoption massive pour 2050. De nombreux obstacles restent néanmoins à franchir avant cette étape, notamment en ce qui concerne la législation et l’évolution des mentalités. De manière plus prosaïque, le prix des véhicules autonomes constitue également pour l’heure un frein à leur adoption massive. En effet, cette technologie repose notamment sur l’utilisation de LIDARs (mot-valise mêlant “light” et “radar”), des capteurs qui sondent l’environnement direct en en projetant une lumière sur les objets alentours et en calculant le temps qu’il lui faut pour rebondir sur ces derniers. C’est grâce à cette technologie que le véhicule autonome analyse ce qui l’entoure et adapte sa conduite en fonction. Néanmoins, celle-ci présente l’inconvénient d’être chère et encombrante. Pour ses Google Cars de première génération, le géant californien utilisait ainsi des modèles à 80 000 dollars. Des progrès se font malgré tout déjà sentir, avec la firme allemande SICK qui propose des modèles à 10 000 dollars. Surtout, une équipe de chercheurs de l’Université de Californie viennent de mettre au point un système capable d’améliorer considérablement le rapport qualité/prix de cet équipement.

Plus léger, plus petits, moins chers et moins gourmands

Un LIDAR fonctionne en changeant en permanence la longueur d’ondes du laser, afin que le capteur analyse la vitesse nécessaire à la lumière pour rebondir sur les différents objets environnants et en déduire leur distance avec le véhicule. Pour changer rapidement cette longueur d’onde, on a recours à un, voir plusieurs petits miroirs, qui doit être manipulé rapidement et avec précision. En temps normal, ce travail est assuré par un appareil électrique à part. Mais l’équipe de chercheurs de l’Université de Californie a mis au point un système permettant de faire bouger le ou les miroirs avec le laser lui-même. S’affranchir de l’appareil électrique extérieur permettrait d’obtenir des capteurs plus légers, plus petits, moins chers et moins gourmands en énergie. Cette innovation permettrait donc la commercialisation de véhicules autonomes à un coût plus intéressant, favorisant et accélérant potentiellement leur adoption.

Des retombées importantes dans le domaine de la robotique

Mais ce n’est pas tout : cette nouvelle technique permettrait également de rendre autonomes de plus petits véhicules, auxquels les capteurs actuels, trop encombrants, ne sont pas adaptés. Sera-t-il bientôt possible de se déplacer sur le green dans une voiture de golf autonome ? Qui sait… Weijian Yang, l’un des chercheurs en charge du projet, affirme également à Wired que ses travaux ouvrent de nouvelles perspectives dans le domaine de l’imagerie médicale, et surtout de la robotique. drones en tête. Si le déploiement d’une flotte de drones autonomes assurant livraisons, opérations de secourisme, réparation de bâtiments ou encore irrigation des récoltes n’est pas encore pour demain, les retombées potentielles valent la peine de creuser la technologie en question. Pour l’heure, les Google Cars s’exercent avec succès sur les routes d’Austin.

Rédigé par Guillaume Renouard