L’entreprise Toyota vient de rejoindre le projet Mcity, dédié aux tests sur les voitures autonomes, pour y inclure des robots simulant les interactions avec les piétons.

Comment les voitures autonomes réagissent-elles face aux piétons ?

Les véhicules autonomes suscitent de nombreux espoirs quant au futur de la mobilité, certains voyant même dans le taxi électrique et autonome le moyen de transport destiné à remplacer complètement la voiture individuelle. De nombreuses innovations récentes confortent en tout cas cette idée : dernière en date, une technologie laser inédite permettant de baisser considérablement le prix des véhicules autonomes. Néanmoins, ils suscitent également de nombreuses inquiétudes en terme de sécurité : c’est pourquoi de nombreux tests sont réalisés pour s’assurer que les voitures sans chauffeur sont capables de réagir en toutes circonstances et ne risquent pas de provoquer davantage d’accidents que leurs homologues pilotées par des humains. Cet été, l’université du Michigan a ainsi ouvert le tout premier espace entièrement dédié aux tests sur les véhicules autonomes. Située au nord du campus de l’université, le projet Mcity consiste en une ville fantôme conçue comme un véritable circuit pour voitures sans chauffeurs.

Un environnement réaliste

Le lieu rassemble la plupart des obstacles qu’un véhicule est susceptible de rencontrer sur sa route : virages, feux de signalisation, trottoirs, autoroute, zones de travaux, ponts, tunnels, mais également panneaux recouverts de graffitis et marquage au sol en partie effacé. Mobiles, les bâtiments peuvent être déplacés pour évaluer les effets du décor sur la performance des capteurs des véhicules. Un réseau de fibre optique permet aux chercheurs de collecter et analyser les données relatives à la conduite des véhicules. « Mcity est un environnement sûr, réaliste et sous contrôle où nous allons prouver combien l’incroyable potentiel des véhicules connectés et automatiques peut-être atteint rapidement, efficacement et avec sécurité.” affirme Peter Sweatman, directeur du centre, à PSFK. Une quinzaine d’entreprise ont investi dix millions de dollars dans le projet dés sa lancée, parmi lesquelles des constructeurs automobiles, comme Ford ou General Motors, mais également des entreprises au coeur de métier différent, comme Verizon.

Tester les interactions avec les piétons

Néanmoins, il manquait jusqu’alors un dernier élément à ce tableau : la présence de piétons, pour lesquels nombreux sont ceux à penser que les véhicules autonomes constituent une menace potentielle. Manque désormais comblé, puisque l’entreprise Toyota vient de rejoindre le projet, en se proposant de concevoir des mannequins humanoïdes dont les déplacements singent ceux des humains. Ces derniers seront ainsi capables de marcher, et même de rouler à vélo. Les tests seront réalisés avec des mannequins de taille différente, et placés dans des situations extrêmes : l’un traversera subitement la route, obligeant la voiture à piler, un autre se trouvera en position allongée sur la chaussée…. Plusieurs autres entreprises ont prévu de rejoindre le projet pour tester la capacité des véhicules à interagir avec les piétons. Honda travaille ainsi sur une technologie capable de détecter les piétons à partir de leur smartphone. Boch, de son côté, cherche à combiner radars et caméras vidéos pour permettre aux véhicules de s’arrêter plus rapidement lorsque confrontés à un passant.

Rédigé par Guillaume Renouard