Si les technologies sémantiques se popularisent, il reste difficile d'effectuer des recherches dans une partie d'un document. Seul un processus cohérent d'annotation pourrait changer cet état de fait.

"L'utilisateur recherche une donnée disponible dans un document sans vouloir celui-ci dans son intégralité", signale Raphaël Troncy, du Centre for Mathematics and Computer Science d'Amsterdam. Le groupe de recherche cherche donc à mettre au point un mécanisme standard pour pointer automatiquement sur n'importe quelle partie d'un fichier multimédia. Le groupe part du postulat que le web des données existe déjà. Et qu'il faut désormais le structurer pour que la connaissance qui y circule aide à accéder de manière pertinente à l'information. Pour éprouver le concept le groupe, dirigé par Lynda Hardman, a organisé un test grandeur nature : E-culture MultimediaN. Ce moteur de recherche sémantique du Rijk Museum cherche dans les collections en fonction du contexte. Le moteur est par exemple capable d'afficher les relations entre deux courants ou deux peintres, ou encore d'afficher des œuvres contemporaines à l'artiste recherché.
Annoter les fragments
Cela a nécessité l'intervention d'humains. Chacun d'entre eux était invité à annoter une peinture en répondant aux questions : qui, quand, où, quoi. Les données fournies par les autres participants étaient alors proposées à chaque fois pour affiner l'annotation. Le but ? "Avoir une sémantique explicite des informations permet de mieux classifier, retrouver et présenter celles-ci, par exemple en utilisant les termes plus généraux et plus spécifiques des concepts demandés", explique Raphaël Troncy. Mais aussi se rendre compte des précautions à prendre avant de développer une application de classification sémantique, comme la nécessité de préciser en amont les besoins de l'utilisateur. Le but à terme est de proposer des applications permettant d'accéder directement à une information du nuage de données.
Accéder directement à une partie d'un document multimédia
"Seule la séquence voulue par l'utilisateur sera transmise sur le réseau, et non pas la vidéo dans son intégralité", poursuit le chercheur. "Ce processus fournira un gain important de bande passante à l'heure où de plus en plus de terminaux accèdent au web, par exemple depuis des téléphones portables". Une telle approche a de fortes chances d'intéresser le secteur du marketing et celui du commerce. "Ces technologies permettent de mieux agréger des informations hétérogènes, de personnaliser l'accès, de mieux filtrer et présenter les informations dans un contexte où nous sommes surchargés de données et donc de mieux adapter un produit à un public". E-culture fait partie d'un ensemble de projets financés par le gouvernement hollandais et réunis sous le nom de MultimediaN. Il a été présenté à l'occasion du WebSci09 d'Athènes, auquel L'Atelier était présent.