Pour recruter six mille étudiants en 2011, Ernst & Young a mis au point un site consultable depuis son smartphone. Et multiplie les opérations sur les sites dont sont friands les recrues potentielles.

Comment attirer les talents les plus prometteurs à l'ère de la Génération Y ? Pour Ernst & Young, en investissant les endroits - virtuels - dont ils sont friands. Le cabinet propose ainsi à un certain nombre de jeunes en stage en son sein de créer des playlists diffusées sur la web radio Pandora. Un moyen de fédérer les troupes déjà en poste et d'attirer de nouveaux candidats en communiquant sur son image. Autre initiative : la présence sur Twitter, avec notamment un fil confié à l'une de ses recrues, chargée de relater son intégration dans l'entreprise. "La démarche est intéressante, mais sur cette dernière initiative on peut se demander si l'on ne verse pas dans la sur-communication", commente Corinne Zerbib, fondatrice de Jobetic, pour L'Atelier. Enfin, l'entreprise a décidé de renforcer sa présence sur Facebook, dont la page rassemble 50 000 fans.

Les réseaux sociaux professionnels, désormais incontournables

"Aux Etats-Unis, pour la génération Y, quand on est pas sur Facebook, on est à ranger dans la catégorie des mauvais", explique la spécialiste. "A contrario en France, on constate que pour un cadre de haut niveau (toutes générations confondues), c'est ne pas être présent sur des réseaux professionnels comme LinkedIn ou Viadeo qui peut constituer un handicap de taille". Autre champs de promotion pour Ernst & Young, le téléphone portable. L'espace Internet "Carrières" du groupe ayant été décliné en une version mobile. Celui-ci a en effet conduit une étude dont les conclusions sont sans appel. Plus de la moitié des candidats que le cabinet souhaite potentiellement recruter accepterait de recevoir de l'information concernant l'entreprise directement sur téléphone mobile. Ces démarches s'inscrivent dans le cadre d'une stratégie de recrutement d'Ernst & Young : celui-ci prévoit d'embaucher (en stage ou pour un premier emploi), plusieurs milliers d'étudiants l'an prochain.

"Le manager ne maîtrise plus tout"

Et l'un de ses arguments est que pour recruter sur les campus et se distinguer de ses concurrents, il faut savoir convaincre. "Que l'on soit ou non en période de crise économique, les meilleurs ont toujours le choix", explique Dan Black, responsable de la politique de recrutement Ernst & Young sur les campus américains. A la fin 2011, 60% des collaborateurs du cabinet de conseil appartiendront à la Génération Y. D'où le constat de l'entreprise, pour qui l'arrivée en masse de cette population d'une grande habileté technologique entraîne inéluctablement une adaptation de la structure aux aspirations nouvelles des collaborateurs. "Dans l'entreprise 2.0, le manager ne maîtrise plus tout", analyse Corinne Zerbib. Et de conclure : "Il est cantonné à un rôle de coordination".

Rédigé par Philippe Crouzillacq