Shpoonkle propose aux avocats de faire des offres de plus en plus basses aux demandes exprimées par des clients sur son site. Une initiative qui suscite la controverse.

Quand le web veut faciliter la négociation des frais juridiques

Aux Etats-Unis, les frais juridiques sont plus élevés qu’en France. Partant de ce constat, le site Shpoonkle propose un système d’enchères à la baisse quant aux prestations juridiques. Comment ? Il suffit de s’inscrire, de poster sa demande, et déjà environ 300 avocats ont la possibilité d’enchérir à la baisse pour traiter une affaire, et donc obtenir des consultations. Le but : permettre aux utilisateurs de profiter de prestations moins coûteuses. Et aux avocats, affectés par la crise, de se mettre en contact avec des clients. Une initiative dont les perspectives d'économie sont à nuancer, estime Maître Eolas, bloggueur et avocat en droit pénal et droit des étrangers.

Impossibilité juridique

"Une relation entre un avocat et son client est avant tout une relation de confiance, qui peut même être puissante dès que le juriste a la liberté d’un accusé dans ses mains", explique t-il à L'Atelier. "Il est impossible de résumer une telle relation à un taux horaire". De toute façon, un tel système serait difficile à appliquer en France. "Etre avocat aux Etat-Unis, c’est exercer une fonction commerciale bien moins encadrée qu’en France où le Barreau contrôle la déontologie", poursuit le bloggueur. Et de rajouter que dans l'Hexagone, "le démarchage sur des prestations juridiques est interdit et la publicité extrêmement réglementée : il s’agit de communication institutionnelle qui doit obéir à des principes particuliers".

Crise tarifaire ?

Il serait donc impossible d’appliquer un tel modèle d’enchère en France, ce dernier ayant pourtant été traduit dans la langue de Molière, en russe italien, chinois, allemand et espagnole. Selon le spécialiste, plus qu'un dispositif basé sur l'enchère inversée, un système basé sur la comparaison serait plus susceptible d'instaurer la confiance et améliorer la transparence. "Il est ainsi possible de voir des comparateurs de tarifs de prestations apparaître mais cela uniquement pour des affaires très simples, comme des divorces à l’amiable, par exemple", conclut Maître Eolas.