La ville de Nantes héberge cette semaine le festival digital Web2Day. L’occasion pour la métropole de faire un point sur son ambition de devenir une « smart city » innovante, en particulier sur les questions sociales.

#Web2Day : Anticiper la ville intelligente de demain selon Nantes

Pendant le festival digital Web2Day, la ville de Nantes a clarifié son statut de ville en transition numérique et délivré ses conseils pour devenir une smart city. Johanna Rolland, maire de Nantes, a ainsi souligné l’impact très concret de la transformation numérique : depuis le lancement de Nantes Tech en 2014, ce sont 1.700 emplois qui auraient été créés. Selon elle, il ne faut d’ailleurs pas parler de « transformation numérique » pour une ville, mais plutôt de « digitalisation de l’économie », qui englobe toute la société. Ce sont «vers les applications sociales et concrètes » que doit se tourner une smart city explique-t-elle, en donnant l’exemple de la plateforme « Nantes and Co » qui a pour but de faciliter le dialogue citoyen, notamment auprès d’une cible qui s’exprime peu : les jeunes actifs « qui doivent concilier vie professionnelle et vie familiale nouvelle et peuvent difficilement assister aux réunions de quartier du jeudi à 19h ». La plateforme aurait permis d’augmenter de 40 % la prise de parole de cette tranche de la population. Un autre projet de « coffre fort numérique » est aussi dans les cartons, afin de permettre aux plus précaires de conserver ses papiers de façon immatérielle.

Comment stimuler l’écosystème d’un territoire ? Tout d’abord s’appuyer sur le tissu d’accompagnement existant et l’entretenir affirme la maire tandis que Bruno Retailleau, président de la région Pays de La Loire renchérit par une citation de Marshall « le secret de la réussite des entreprise est dans l'air quelle respire » . Il ajoute qu’un tel système doit rester ouvert, neutre,protéger les différents statuts d’entreprise comme les GIE ; et nécessite des têtes de réseau pour fédérer tout l’écosystème. Ensuite, internationaliser la ville et l’innovation à toute vitesse : Nantes multiplie, avec d’autres départements de l’ouest, les échanges avec le Québec notamment, et la région soutien l’initiative des LEXs. Éduquer et former au numérique, également « 1000 étudiants du numérique sortent chaque année à Nantes, il en faudrait le double pour répondre aux besoins des entreprises », relate Bruno Retailleau.

Enfin, croiser les profils et les compétences, et « faire converger les transitions », martèlent les représentants de Nantes et sa région. Johanna Rolland cite l’exemple de l’application « de réponse aux préoccupations quotidiennes en quasi temps réel » Nantes dans ma poche, résultat d’une collaboration entre le groupe Orange et les startups locales. Elle évoque aussi les enjeux environnementaux où le digital est indispensable « La ville de demain est aussi sobre et durable », tandis que Bruno Retailleau parle de « fertilisation croisée : à partir de grands insituts de recherches, avoir des filières sur lesquelles investir, dans la smart grid ou la santé par exemple.» De quoi inspirer les villes intelligentes de demain, et Bruno Retailleau de conclure que ce qui fait de Nantes une future smart city, c’est «son climat, son esprit d’entreprise et sa capacité à se mobiliser.»

 

 

Rédigé par Cécile Puyhardy
Journaliste