En annonçant le mois dernier son intention d’entrer en Bourse, Google n'a pas fait mystère de sa volonté de devenir un portail généraliste à moyen terme et de concurrencer ainsi directement Yahoo. Les dirigeants du portail de Sunnyvale, dans la Silicon Valley, n'ont pas tardé à répliquer...

En annonçant le mois dernier son intention d’entrer en Bourse, Google n’a pas fait mystère de sa volonté de devenir un portail généraliste à moyen terme et de concurrencer ainsi directement Yahoo.

Les dirigeants du portail de Sunnyvale, dans la Silicon Valley, n’ont pas tardé à répliquer. Jeudi dernier, à l’occasion d’une journée organisée à San Francisco pour détailler leur stratégie, ceux-ci ont montré que leur voisin de Mountain View était bien leur rival numéro 1.

De fait, même si les deux sites Internet les plus visités de la planète partent dans des directions radicalement différentes (la recherche en ligne pour Google, l’agrégation d’informations pour Yahoo), tous deux savent qu’ils vont converger dans les années à venir. La preuve, Yahoo est en train d’investir massivement pour améliorer ses technologies de recherche en ligne.

Terry Semel, le P-DG de la firme, a précisé que plus de 50 projets de recherche étaient actuellement menés, destinés pour la plupart à proposer cette fonction dans des applications en ligne qui aujourd’hui encore en sont dépourvues. Ainsi, Yahoo permettra bientôt aux abonnés de son service de messagerie instantanée Messenger d’effectuer des recherches sur les contenus échangés en ligne avec d’autres internautes.

Même piste pour Yahoo : recherche personnalisée & recherche locale

Jeff Weiner, le responsable de toutes les activités de recherche en ligne chez Yahoo a, pour sa part, insisté sur de nouvelles fonctions, comme par exemple la recherche personnalisée ou la recherche locale. La première permet de présenter à l’internaute des résultats spécifiques, en fonction d’un profil personnel qu’il a rempli au préalable et dont tient compte le moteur pour afficher les résultats. Le second utilise une technologie permettant de localiser approximativement l’internaute – grâce au numéro Internet de son ordinateur – pour, là encore, mieux sélectionner les résultats.

A l’évidence, l’enjeu de la suprématie dans la recherche en ligne est majeur pour les deux firmes. Pour l’instant, selon WebSideStory, Google fait la course en tête avec 41 % de parts de marché, contre 27,4 % à Yahoo et 19,6 % à MSN, de Microsoft. Or ce marché évolue rapidement vers un modèle de « recherche sponsorisée », dans lequel les annonceurs paient pour être bien placés dans la hiérarchie des réponses proposées, par opposition à celui où ces mêmes annonceurs se contentent de bannière disposées un peu au hasard dans le site.

Eviter la désertion vers Google

C’est bien pour exploiter plus librement ce marché que Yahoo a abandonné la technologie de son rival, il y a trois mois seulement, et développe la sienne. L’objectif est de proposer à ses 274 millions de visiteurs uniques par mois (+18 % en un an) des services de recherche suffisamment fiables pour qu’ils ne désertent pas vers Google.

Derrière cette fidélité, il y a les services payants, imposés par Terry Semel à son arrivée à la tête de Yahoo, et sur lesquels la compagnie compte plus que jamais : avec près de 6 millions de clients aujourd’hui – un nombre qui a doublé en un an – Yahoo génère déjà près de 10 % de ses revenus grâce à ces services payants. Et ce n’est pas fini, puisque le site portail s’est fixé comme objectif d’atteindre la barre des 15 millions. Sans donner d’échéance…
Michel Ktitareff