Smart city

L’art s’expose en ville grâce au crowdfunding

  • 27 Jui
    2017
  • 2 min

À Bordeaux, la plateforme de crowdfunding Ôboem propose de remplacer la publicité par des œuvres d’art.

Faire de la ville une œuvre d’art est une des préoccupations croissantes des grandes villes mondiales. L’essor des smart city a permis aux municipalités de requestionner l’essence des espaces publics et de redonner aux citoyens un pouvoir d’action direct sur leur environnement. D’autant que les problèmes de mobilité, de pollution et de démographie explosent et que les villes ont bien compris l’enjeu pour elles de rompre avec une vision cloisonnée des territoires. Œuvrer pour la smart city c'est aussi empêcher que la ville du futur ne deviennent celle, oppressante et dystopique des romans de science-fiction - 1984 en tête. Et quoi de mieux que l’art pour fédérer les Hommes, pour engager les citoyens et magnifier le vivre ensemble. L’idée d’Olivier Moss et Marie Toni est donc « de permettre une réappropriation de ces espaces visuels, par la population, en lui permettant de choisir le contenu affiché ». Pour ce faire, ils ont imaginé Ôboem, une plateforme de financement participatif permettant aux utilisateurs de choisir une œuvre et de lui apporter une contrepartie financière en échange d’une carte postale ou une affiche de celle-ci. Si toutes les œuvres sont affichées dans la ville, celle ayant recueilli le plus de contribution jouira d’une plus grande visibilité. Un système qui bénéficie autant aux internautes, qu’aux municipalités et ses citoyens. Aussi, elle permet de rémunérer les artistes, dont beaucoup peinent à rentabiliser leurs activités, et de pallier l’hyperconcentration de publicité en ville. En effet, chaque jour, un citoyen de grande ville serait exposé à plus de 2000 publicités. L’initiative montre aussi que les stratégies d’aménagement de l’espace urbain sont une question de volonté et de bon sens et qu’un autre paysage urbain est possible. Fiodor Dostoïevski l’avait prédit « l’art sauvera le monde ».