Smart city

L'Inde pédale sur la route du multimodal

  • 29 Mar
    2018
  • 2 min

En Asie du Sud-Est, les solutions de mobilité propres et partagées séduisent de plus en plus. Nombreuses sont les start-up qui s'intéressent au vélo.

Après la Chine, c'est à l'Inde de s'enthousiasmer pour les vélos en libre-service. Si le partage de vélos n'est pas un concept nouveau (MYBYK a été lancé dans la municipalité d'Ahmedabad il y a quatre ans, Cycle Sharing dans celle de Rajkot il y a trois ans, Parikrama dans celle de Bhubaneswar il y a deux ans, et Trin Trin dans celle de Mysore l'an dernier), la formule rencontre dernièrement un succès grandissant. En novembre, la start-up Yulu était la première à lancer des vélos en libre-service sans bornes, suivie de près par Mobycy, qui offre depuis trois mois le même service dans plus de de dix villes indiennes, parmi lesquelles New Delhi, Pune, Bangalore, Chennai et Jaipur. La jeune pousse a même récemment intégré des vélos électriques assistés à sa flotte, de quoi la rendre plus intelligente et plus engagée dans la révolution verte. Alimentés par une batterie lithium-ion, les nouveaux venus (disponibles pour l'instant uniquement à Gurgaon et dans certaines parties de la région de la capitale nationale) permettent de parcourir jusqu'à quarante kilomètres avec une charge complète, et coûtent quinze roupies par demi-heure d'utilisation, contre cinq roupies pour les vélos classiques. D'autres acteurs de la mobilité sont également intéressés par cette nouvelle part de marché : en décembre 2017 déjà, la société de chauffeurs à la demande Ola lançait le projet pilote Pedal, son propre service de vélos partagés sans bornes (une initiative qu'Uber suit via son association avec JUMP, et qui permet de réserver des deux-roues via l'application principale de l'entreprise) ; tandis que l'entreprise de voitures autonomes Zoomcar lançait aussi le sienPEDL. Preuve que le transport multimodal est en train de gagner du terrain, et que les solutions de premier et dernier kilomètres sont de plus en plus nombreuses. Les entrepreneurs indiens entendent bien lutter contre la congestion routière et la pollution urbaine dans leur pays. Et les entrepreneurs étrangers aussi : plus récemment, c'est le géant chinois ofo, dont les dix millions de vélos répartis à travers le monde génèrent chaque jour 32 millions de trajets, qui a fait son entrée sur le marché indien. 

Rédigé par Marie-Eléonore Noiré