Smart city

Les villes sont-elles des plateformes comme les autres ?

  • 09 Mai
    2018
  • 2 min

Le dernier rapport Audacities questionne la plateformisation des territoires et des institutions publiques pour élaborer de nouveaux modèles de gouvernance urbaine.

L'émergence des géants de la tech et l'accroissement exponentiel du secteur privé et de ses logiques sur le domaine public a entraîné au fur et à mesure des années un délitement des institutions étatiques de plus en plus concurrencées par des plateformes « totales » comme Facebook ou Google, qui élaborent leurs propre modèles de citoyenneté et de villes privées. Ce constat est particulièrement alarmant pour la démocratie. C'est pourquoi il faut voir ces réalités comme autant de facteurs stimulants pour que l'État et les collectivités se réaffirment et regagnent la confiance des citoyens. Pour cela, nombreux sont ceux qui se sont mis à penser que l'État devrait s'inspirer des plateformes pour repenser son organisation institutionnelle et ses modèles de gouvernance. Le rapport Audacities va également dans ce sens. Son idée est de rapprocher les villes des processus d'innovation gouvernant les plateformes d'intermédiation et de faire de l'administration un gestionnaire de services connectés centré sur les données des citoyens : des offres de services personnalisés, l'élaboration d'un écosystème d'innovation, des espaces de co-création citoyenne... Mais réduire la ville à une plateforme d'intermédiation ne reviendrait-il pas au fond à nier son essence éminemment politique en le réservant à sa seule qualité d'acteur économique ? Évidemment, le pouvoir public doit utiliser le numérique pour rénover ses institutions et ses principes mais cela ne doit jamais se faire au détriment de sa souveraineté puisque celle-ci revient aux citoyens eux-mêmes. Privatiser la ville et ses modèles de gouvernance reviendrait alors à annihiler la chose publique, celle-là même qui fonde le lien social entre l'Homme et le bien commun, celui qui se joue des intérêts particuliers.

Rédigé par Théo Roux