Smart city

Les VTC vont-ils supplanter les transports publics américains ?

  • 27 Juin
    2018
  • 2 min

Alors que les Uber, Lyft et consorts prennent de l'ampleur aux États-Unis, des chercheurs de l'université DePaul se sont posés la question de savoir si ces services vont remplacer les transports publics.

Combien d'Américains s'octroient les services de chauffeurs à la demande ? En 2015, Pew Research Center estimaient à 15% le nombre d'utilisateurs de ces applications smartphone au sein de la population. Aujourd'hui, ce chiffre a augmenté alors que les VTC se sont multipliés. Uber bien sûr, mais aussi Lyft, Via, Fasten, RideAustin ou encore Juno et Gett se sont lancés à la conquête des routes américaines (et parfois internationales). D'après des recherches du site Recode, 24% à 43% des habitants des États-Unis auraient commandé une course via Uber ou l'un de ses concurrents en 2018. Qu'est-ce qui pousse les Américains à choisir ces services au détriment des transports publics ? Des chercheurs de l'université DePaul se sont intéressés à la question et ont mené leur enquête à Chicago. Pour certains citoyens, « le temps, c'est de l'argent » : la valeur qu'ils y accordent explique qu'ils choisissent de se faire conduire (quitte à partager le véhicule), plutôt que de prendre bus, tramway et/ou métro et de risquer d'y rester plus longtemps. Pourtant, d'après les conclusions de Joseph Schwieterman et Mallory Livingston, un trajet partagé en UberPool ou Lyft Line n'est pas forcément plus rapide que le même trajet en transport en commun : ce n'est le cas que de respectivement 41% et 60% des trajets en centre-ville (bien plus en périphérie). Par ailleurs, le ministère des Transports américain a chiffré l'économie d'une heure de temps pour un navetteur à une moyenne de 14,95 dollars, soit bien moins que ce que coûte un VTC à l'heure. Le gain de temps n'est donc pas la seule motivation des utilisateurs d'Uber et consorts, le niveau de confort fait partie des autres critères à prendre en considération. Plus le trajet en transport public est agréable, reposant et fiable, moins les usagers envisagent de dépenser plus d'argent dans un service privé. À mesure que les infrastructures se dégradent, qu'elles fourmillent de monde ou que les passagers ressentent de l'insécurité, ces derniers considèreront que le surcoût nécessaire pour prendre un VTC en vaut la chandelle. À condition d'en avoir les moyens. Dans le cas contraire, Uber et Lyft s'attachent à proposer de nouvelles solutions de deux roues à leurs utilisateurs via l'acquisition des vélos électriques Jump pour les premiers et, probablement, des vélos Motivate pour les seconds. Finalement, le meilleur moyen de se déplacer serait de combiner plusieurs modes de transports dans une stratégie multimodale, qui pourrait être encouragée par les villes, comme c'est déjà le cas dans une certaine mesure à Los Angeles.

Rédigé par Sophia Qadiri